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EAN : 9782213720562
360 pages
Fayard (28/02/2024)
3.48/5   310 notes
Résumé :
Louise et Madeleine. Deux écrivaines, deux générations. L'une écrit pour fuguer, l'autre fugue pour écrire. L'une débute dans l'écriture, l'autre n'écrit plus.
À travers une correspondance intime, elles partagent leurs doutes face à la création et à leurs vies de femmes artistes, d'épouses et de mères. Être prête à décevoir, à déplaire, à oser dire ce que l'on pense et à faire ce qui doit être fait pour devenir – au-delà des injonctions, de la culpabilité, de... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (88) Voir plus Ajouter une critique
3,48

sur 310 notes
Avec la lignée, Aurelie Valognes nous offre une oeuvre intime, féminine voire féministe, un roman épistolaire, des échanges entre deux femmes, deux générations.
Madeleine, écrivain accompli, d'âge mure reçoit un beau jour une lettre d'une jeune admiratrice de 10 ans, Louise qui rêve de devenir à son tour écrivain.
Leur correspondance se prolongera pendant des années, leurs échanges se feront plus intimes, une relation fusionnelle en naîtra.
Dans ce livre, Aurelie pose un questionnement sur les difficultés de la création littéraire, la pression des éditeurs , celle de la famille et de la place de la femme dans notre société en pleine évolution mais qui demande encore de nos jours de nombreux sacrifices voire des deuils pour pouvoir se réaliser en tant que tel.
La fin du livre n'a cependant rien de surprenant, même prévisible, aucune autre issue n'était possible. C'est un roman tout en émotion il faut avoir conscience en le lisant que c'est avant tout un récit qui invite à réfléchir. En l'absence de rebondissements, le lecteur se laisse porter par une écriture simple mais profonde.
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Louise a toujours rêvé de devenir écrivaine. Petite déjà, elle écrivait des histoires dans l'espoir que quelqu'un les lise un jour. Quelqu'un comme Madeleine, son autrice préférée à qui elle a un jour fait parvenir son premier texte dans l'espoir d'un avis en retour. Mais la vie et certains choix ont fait que ses rêves se sont tournés vers d'autres et que son rêve est allé se loger dans un coin de sa tête, refaisant surface des années après maintenant qu'elle n'est plus épanouie dans son quotidien. Madeleine, elle, a vécu sa vie de rêve, se consacrant corps et âme à l'écriture. Maintenant qu'elle ne le fait plus, s'accordant une pause bien méritée, elle voit en Louise la relève et se revoit plus jeune. Aussi, lorsque cette dernière décide de lui envoyer une lettre, lui demandant des conseils pour arriver à gérer toutes les casquettes de sa vie de mère, d'épouse et d'artiste écrivaine en devenir, elle accepte d'y répondre. Démarre alors une correspondance de plusieurs dizaines de lettres entre les deux femmes qui vont se lier d'amitié tout en se révélant l'une à l'autre, partageant leurs joies, leurs peines, leurs doutes et leurs espoirs. 



Dans ce roman épistolaire très intime, sans doute le plus personnel parmi ceux que j'ai déjà lu et qui change des précédents, l'autrice (Aurélie Valognes) projette une part d'elle dans chacun des deux personnages féminins. On la retrouve sans doute à ses débuts dans le personnage de Louise qui a énormément de questionnements parce qu'elle ne se sent plus en phase avec sa vie. Elle est épouse, mère, a un travail, mais son rêve d'enfant d'écrire ressurgit et elle a l'impression d'être passée à côté de quelque chose. Une carrière que Madeleine a embrassé avec tout le succès qu'on découvre au fil de leurs échanges et qui là aussi rappelle celui d'Aurélie Valognes. D'un côté la peur des débuts avec le premier roman, l'angoisse de la page blanche, l'intrigue parfaite à trouver, puis les appréhensions du second roman et ainsi de suite et de l'autre la peur de ne plus arriver à écrire quand on a fait ça toute sa vie. Deux personnages très émouvants qui rappellent la difficulté à concilier vies de mère, d'épouse et d'artiste tout en accordant du temps à ses rêves, ses passions et en ne s'oubliant pas. Une femme doit-elle obligatoirement devoir sacrifier quelque chose pour tout mener de front ? En est-il de même pour les hommes ? Peut-on cumuler ambition personnelle et vie de famille ? Comment trouver sa place dans la société à travers son art ? Madeleine va tenter de la guider avec bienveillance en lui partageant son expérience de vie dont vous pourrez sans aucun doute tirer quelques conseils pour vous aussi (même si vous n'avez pas la même vie). J'ai noté énormément de citations inspirantes et j'ai adoré les passages sur la gestion et l'organisation de son temps, deux thématiques qui me passionnent et dont l'importance que l'on y accorde aujourd'hui fera ou non les regrets de demain. Un roman intime, féministe et un vrai questionnement sur nos choix de vie et l'impact de notre précieuse liberté en tant que femmes !



Par contre j'avoue que Louise demande beaucoup de conseils à Madeleine mais n'en écoute pas la moitié, ce qui donne l'impression d'être face à un petit enfant à qui il faut répéter X fois les choses avant qu'il les applique. En sachant le temps que cette dernière prend pour lui répondre (et je vous rassure vous aurez l'explication du pourquoi elle accepte de le faire alors qu'elles ne se connaissent pas) ce n'était pas forcément très sympa 😅
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Je ressors très émue de cette lecture particulière. Même si le texte est fictif, il ne ressemble pas à un roman ordinaire, par sa forme épistolaire, et puis par son thème, l'écriture, et plus particulièrement l'écriture au féminin et les bouleversements que cette activité engendre tant dans la sphère familiale que dans le regard de la société, à vingt ans d'écart.

« Lire, ce n'est pas un état d'esprit, c'est un état d'espoir. Une génération qui lit est une génération qui pense, réfléchit, questionne le monde, doute, écoute, veut comprendre, est prête à changer d'avis, respecte les différences, montre de l'empathie et de la sensibilité. » La première lettre est rédigée par Louise, dix ans. Elle s'adresse à son auteure favorite, Madeleine, lui avouant son souhait de devenir elle aussi romancière. L'écrivaine, après avoir connu le succès, vit recluse au bout de la Bretagne, seule avec son chien, son jardin et la mer à ses pieds. Elle va sortir de sa solitude en répondant à chacune des lettres envoyées par Louise, et suivre peu à peu l'émergence de cette nouvelle auteure.

« Une femme qui lit est une femme dangereuse, une femme qui réfléchit est une femme dangereuse, alors une femme qui écrit... Oui, c'est dangereux. Dangereux parce qu'on ne maîtrise pas la réaction des autres et que cela se répercute dans notre vie. » le quotidien de Louise va profondément être bouleversé par l'obsession de l'écriture. S'invite alors un regard sur la place des femmes dans le milieu littéraire. Longtemps cachées, « anonymées », elles se retrouvent encore trop souvent assignées aux tâches ménagères et à l'éducation des enfants. Pour une femme, vouloir écrire à tout prix, c'est encore aujourd'hui au prix de nombreux sacrifices et source de lourds préjugés.

Au final, un récit très bien écrit, cohérent entre les deux univers. le vécu des deux protagonistes se confronte au regard de leurs vingt années d'écart. Pourquoi est - il encore si compliqué pour une femme d'intégrer l'univers de l'écriture contemporaine ? Outre cette réflexion à deux voix, j'ai été très émue par certains passages. Un coup de coeur pour moi, que je relirai volontiers.
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Il est ici question de l'écriture des femmes, des écrivaines, et de leur place dans la société. Des obstacles qu'elles rencontrent dans le partage de leur vie familiale et de l'écriture. Des maisons d'éditions qui leur barrent souvent la route. de cette société où l'image de la femme est toujours associée à son rôle d'épouse puis de mère avant tout.

Sous forme de correspondance épistolaire, Aurélie Valognes dénonce ces croyances bien ancrées dans les esprits. Son but n'est autre que d'amener la femme à se respecter, à croire en elle, à aller au delà de ses limites, à réaliser ses rêves.

Cette correspondance est intéressante dans le sens où on suit l'évolution d'une écrivaine débutante face à l'expérience et aux conseils avisés de l'autre. Les conseils sont nombreux et seront utiles à toute personne qui écrit et se heurte à une multitude de doutes.
Ils me seront utiles.

J'ai aimé la réalité et l'honnêteté de cette correspondance.

J'ai aimé me retrouver dans l'écrivaine débutante.

J'ai aimé marquer les pages de post-it pour revenir sur les réflexions empreintes de vérité.

J'avoue avoir trouvé certains passages un peu longs qui n'ont cependant pas entravé ma lecture.

Ce partage d'expériences est une mine d'or pour tout écrivain et je sais que je viendrai relire mes notes quand les doutes m'assailleront, quelquefois, souvent...

J'ai adoré cette phrase "Ça n'arrive jamais dans la vie d'avoir des gens qui font la queue devant votre porte de bureau pour vous dire "C'est bien ce que vous faites, on vous aime, continuez !", et qui applaudissent quand vous arrivez ! Personne n'applaudit quand j'arrive au bureau le matin !"

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AMITIÉ ÉPISTOLAIRE
Louise et Madeleine. Deux écrivaines, deux générations. L'une écrit pour fuguer, l'autre fugue pour écrire. L'une débute dans l'écriture, l'autre n'écrit plus.
Louise a écrit une histoire, son premier roman avec une grande naïveté et beaucoup d'insouciance. Elle n'ose pas se faire lire. Puis grâce à Madeleine elle se prend à rêver d'être lu, que ces textes trouvent son public.
Mais elle se heurte à la condescendance, aux jugements...
À travers une correspondance intime, elles partagent leurs doutes face à la création et à leurs vies de femmes artistes, d'épouses et de mères. Être prête à décevoir, à déplaire, à oser dire ce que l'on pense et à faire ce qui doit être fait pour devenir – au-delà des injonctions, de la culpabilité, des injustices sociales et de genre – la personne que l'on devait être.

Une ode à la transmission, à la nature et à la liberté qui pose la question brûlante : quand on a pris certains chemins dans la vie – travail, mariage, enfants –, a-t-on encore le droit d'être soi ?

A travers les échanges de lettres authentiques, justes et sincères, on découvre les doutes que chaque autrice peut rencontrer, la crainte des critiques assassines, les à priori sur la littérature féminine...
Car l'écriture est une réelle mise à nu, chaque autrice enlève les couches de politesse pour mieux se révéler.
Un texte qui met en avant la vulnérabilité des autrices lorsqu'elles soumettent leur création au regard et au jugement d'autrui pour la première fois. Un roman féministe qui rend hommage à toutes les autrices.

Un texte profond sur l'émancipation de la femme en soif de liberté, accusée de voler du temps à sa famille au profit de l'écriture. Un récit sur les créatrices, les écrivaines privées du rêve de s'accomplir en dehors du foyer.

Un roman qui interroge sur le droit de ne pas se résigner à être celle que l'on devait être, le droit d'avoir une ambition individuelle.
À travers cette amitié épistolaire, qui nous plonge dans les abîmes de la création et dans la solitude de la vie d'écrivain, Aurélie Valognes nous livre son roman des plus intimes.
J'ai beaucoup aimé les personnages de Madeleine et Louise, des femmes inspirantes, des modèles de femmes fortes et libres.
Un coup de coeur
Merci Aurelie Valognes pour ce texte magnifique, pour vos mots, votre roman a résonné en moi...
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critiques presse (1)
LeSoir
07 mars 2024
Un roman épistolaire entre deux femmes écrivaines, plein de doutes et d'espoir. Un sujet traité avec émotion par Aurélie Valognes
Lire la critique sur le site : LeSoir
Citations et extraits (114) Voir plus Ajouter une citation
La littérature, c'est l'endroit de la nuance, et on en manque cruellement ces temps-ci où tout est noir ou blanc.
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J'ai peur de tout. Et si j'analyse l'intégralité de ma vie, j'ai été habitée « par la peur » : la peur d'être malpolie, la peur d'être en retard, la peur de mal faire, la peur de déranger, la peur de rater, la peur de ne pas être à la hauteur, la peur de décevoir, la peur que tout s'arrête, la peur d'être abandonnée. Tout est lié.
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Être personne, quand on croit que tout le monde est quelqu'un, que tous les autres ont le droit d'être quelqu'un. Sauf soi.
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Et puis, il y a mon jardin. Mes roses, mes agapanthes, mon jasmin. Autant d’espérance et de beauté. J’essaie d’en profiter, d’en prendre soin, hiver comme été.
Je suis bien ici. J’ai trouvé mon lieu à moi. Ici, même quand il pleut, j’ai le cœur léger. J’aime l’idée que le ciel soit parfois en colère. Il s’accorde avec mon humeur.
Huit milliards d’êtres humains sur terre, et le luxe du silence. Le luxe d’être seule.
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Toujours, je leur rappelle de lire, et souvent je leur prodigue deux autres recommandations. Tout d'abord, creuser leur singularité. Ne surtout pas regarder ce qui marche, ce qui se fait, ce qui est à la mode, ne pas s'inspirer d'autres auteurs, mais chercher leur voix. Ce qui est soi. Ensuite, je les invite à être impudique, à aller dans le personnel, dans les détails, parce que, au fin fond de l'intime, il y a l'universel. Il ne faut pas avoir peur d'aller trop loin car c'est au contraire cela qui libérera l'écriture. Parce qu'on n'écrit pas pour soi, on ne se livre pas par goût de l'impudeur, mais on le fait pour le lecteur qui se reconnaîtra et à qui cela fera du bien de savoir qu'il n'est pas seul.
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Videos de Aurélie Valognes (60) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Aurélie Valognes
Aurélie Valognes est écrivaine. C'est alors qu'elle avait 29 ans que l'écriture fait irruption dans sa vie. Son premier roman, Mémé dans les orties, a d'abord été publié sur une plateforme d'auto-édition et a connu un très grand succès. Cela l'a alors encouragée à l'envoyer à des éditeurs. Il est paru en grand format chez Michel Lafon, puis en poche au livre de poche, et a dépassé le million d'exemplaires vendus. Dix ans après cette entrée en écriture, elle a publié dix romans. Dans ses livres, parmi lesquels on peut citer La Cerise sur le gâteau, Né sous une bonne étoile ou encore La Ritournelle, avec humour, elle brosse le portrait de personnages attachants et aborde des thèmes de société qui nous touchent tous : l'échec scolaire, la solitude des personnes âgées, les questions environnementales ou encore les droits des femmes. Et puis, depuis son neuvième roman, L'Envol, elle est entrée dans une nouvelle phase, avec des textes plus intimes.
Au cours de cette rencontre, Aurélie Valognes nous parle de son nouveau roman, La Lignée, qui nous plonge dans une relation épistolaire entre deux écrivaines, Louise et Madeleine. Elle s'exprime donc sur son propre rapport à l'écriture, revient sur son parcours, sur ce que c'est qu'être une femme écrivaine, et sur le lien qui se crée avec les lecteurs de livre en livre.
Pour retrouver son livre, c'est ici : https://www.librairiedialogues.fr/livre/23340248-la-lignee-aurelie-valognes-fayard
Et pour nous suivre, c'est là : INSTA : https://www.instagram.com/librairie.dialogues FACEBOOK : https://www.facebook.com/librairie.dialogues/?locale=fr_FR TWITTER : https://twitter.com/Dialogues
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